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Bouillie bordelaise sur les tomates - quand et comment l'utiliser ?

Grégoire Roussel

Grégoire Roussel

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22 octobre 2026

Grappes de tomates vertes, certaines traitées à la bouillie bordelaise, sur un plant de tomate.

Une tache brune apparaît sur les feuilles de vos tomates et la pluie s’installe ? La bouillie bordelaise peut aider à limiter le mildiou, mais seulement si elle est appliquée au bon moment et avec un dosage conforme à l’étiquette. Je vous explique comment l’utiliser, quand renoncer au traitement et quelles pratiques renforcent réellement la santé des plants.

Les repères essentiels pour protéger vos tomates

  • Action préventive : le cuivre protège les surfaces traitées, mais ne guérit pas une plante déjà fortement atteinte.
  • Dosage : la quantité dépend obligatoirement de la spécialité commerciale et de son étiquette.
  • Moment idéal : intervenez avant ou au tout début des périodes humides, par temps sec et sans vent.
  • Délai avant récolte : il peut varier de quelques jours à plusieurs semaines selon le produit.
  • Sol : évitez les applications répétées, car le cuivre s’accumule et peut perturber la vie du sol.

La bouillie bordelaise protège surtout avant le mildiou

La bouillie bordelaise est un fongicide de contact à base de cuivre, généralement associé à de la chaux. Elle reste sur les feuilles et bloque la germination de certains champignons et organismes responsables de maladies, notamment le mildiou de la tomate.

Son fonctionnement explique sa principale limite. Elle ne circule pas dans la plante et ne répare pas une feuille déjà détruite. Une tomate présentant quelques taches peut encore être protégée sur les parties saines, mais un plant couvert de lésions ne sera pas « guéri » par une pulvérisation tardive.

Je conseille donc de regarder les conditions avant les symptômes. Une succession de pluies, une forte humidité nocturne, des feuilles qui restent mouillées plusieurs heures et une température douce créent un terrain très favorable au mildiou. Dans ce cas, la prévention compte davantage qu’un traitement appliqué après l’invasion.

Ce que le cuivre ne traite pas

Une tache jaune due à une carence, une brûlure du soleil, une attaque d’acariens ou la pourriture apicale ne disparaîtra pas avec ce produit. La pourriture apicale, reconnaissable à une zone noire au bout de la tomate, vient surtout d’un déséquilibre de l’alimentation en eau et non d’un champignon.

Avant de pulvériser, j’examine donc la forme des taches, leur progression et l’état général du plant. Identifier la maladie évite de répandre du cuivre sans utilité et permet d’agir sur la vraie cause.

Un jardinier traite ses plants de tomate avec de la bouillie bordelaise pour les protéger.

Quel dosage choisir pour ne pas brûler les plants

Il n’existe pas une dose universelle valable pour toutes les bouillies bordelaises. La concentration en cuivre, la formulation, la culture ciblée, le nombre maximal d’applications et le délai avant récolte peuvent changer d’un produit à l’autre. La référence prioritaire reste donc l’étiquette du produit acheté.

À titre de simple conversion, si l’étiquette indique une concentration de 6,25 g de poudre par litre d’eau, il faudra mesurer 6,25 g pour 1 litre, 31,25 g pour 5 litres et 62,5 g pour 10 litres. Ces chiffres ne doivent pas être transposés à une autre spécialité sans vérifier sa notice.

Volume d’eau Exemple avec une dose de 6,25 g/L Usage pratique
1 litre 6,25 g Quelques plants ou une petite jardinière
5 litres 31,25 g Petit carré de tomates
10 litres 62,5 g Plusieurs rangs ou une grande serre

Une balance de précision est préférable au doseur fourni, surtout pour un petit volume. Une cuillère remplie « à peu près » peut facilement conduire à un surdosage. J’ai souvent constaté que les dégâts attribués à une prétendue fragilité de la tomate venaient en réalité d’une poudre trop concentrée ou d’une pulvérisation répétée sur des feuilles déjà stressées.

Comment préparer la bouillie

  1. Enfilez des gants, des vêtements couvrants et les protections indiquées sur l’étiquette.
  2. Remplissez le pulvérisateur avec une partie de l’eau nécessaire.
  3. Délayez la poudre dans un récipient propre avec un peu d’eau, puis versez le mélange dans le pulvérisateur.
  4. Complétez avec le reste de l’eau et agitez doucement.
  5. Utilisez la préparation le jour même et rincez le matériel après usage.

Ne préparez pas davantage de produit « pour la prochaine fois ». Une bouillie diluée se conserve mal et son stockage augmente le risque d’erreur ou de rejet accidentel dans l’environnement.

Quand traiter les tomates et à quel rythme

Le bon moment se situe avant une période annoncée comme chaude et humide, ou dès les premiers signes très localisés, à condition que le produit soit autorisé pour cet usage. Pulvérisez sur un feuillage sec, par temps calme, avec plusieurs heures sans pluie devant vous.

Une application juste avant une averse perd une grande partie de son intérêt. Le cuivre étant un produit de contact, il doit rester sur la surface des feuilles. Après une pluie importante, la protection peut être diminuée, mais cela ne justifie pas de retraiter automatiquement le lendemain : respectez toujours l’intervalle minimal prévu par l’étiquette.

Un calendrier raisonnable

  • Commencez lorsque les plants sont bien installés et que le risque de maladie devient réel.
  • Renouvelez uniquement si les conditions restent favorables ou si la protection a été fortement lessivée.
  • Respectez l’intervalle minimal entre deux applications, souvent fixé à plusieurs jours selon la spécialité.
  • Ne dépassez jamais le nombre maximal de traitements autorisé pour la culture.
  • Arrêtez suffisamment tôt avant les récoltes en suivant le délai indiqué sur l’emballage.

Le délai avant récolte n’est pas identique pour toutes les bouillies. Certaines spécialités indiquent quelques jours, tandis que d’autres imposent 2 à 3 semaines. Un délai trouvé pour un autre produit ne peut pas être appliqué au vôtre, même si les deux portent le même nom courant.

Je préfère toujours une intervention mesurée à un calendrier automatique tous les quinze jours. Dans un été sec, traiter sans risque réel ne protège pas mieux les tomates et augmente inutilement la quantité de cuivre déposée sur le sol.

Comment pulvériser sans contaminer le potager

Le but est d’obtenir un film fin et régulier sur les feuilles, sans ruissellement. Dirigez le jet vers les faces visibles et le dessous du feuillage, car l’humidité s’y maintient facilement, mais évitez de détremper les tiges et le sol.

Traitez de préférence le matin après séchage de la rosée ou en fin d’après-midi, lorsque le soleil n’est plus brûlant. Une pulvérisation en plein soleil peut accentuer les brûlures, surtout sur de jeunes feuilles ou des plants déjà assoiffés.

  • Pas de vent : le produit ne doit pas dériver vers les aromatiques, les fleurs, un bassin ou le voisinage.
  • Pas de mélange improvisé : n’associez pas la bouillie à du savon, du soufre ou un autre traitement sans compatibilité clairement indiquée.
  • Protection personnelle : portez les équipements mentionnés sur l’étiquette et lavez les mains après le traitement.
  • Respect de l’eau : ne videz jamais les restes dans l’évier, une bouche d’égout ou un fossé.
  • Récolte prudente : respectez le délai avant récolte, puis lavez soigneusement les tomates avant de les consommer.

Le cuivre est autorisé dans certains usages de l’agriculture biologique, mais cela ne signifie pas qu’il est anodin. Il reste toxique pour les organismes aquatiques et peut affecter les auxiliaires ou la vie microbienne du sol en cas d’abus.

Les pratiques qui réduisent vraiment les traitements

La bouillie bordelaise fonctionne mieux lorsqu’elle complète une bonne conduite des plants. Elle ne compensera jamais une plantation trop serrée, un feuillage constamment mouillé ou une terre mal drainée. Dans mes recommandations, l’aération et l’arrosage font souvent davantage de différence que le choix d’un traitement supplémentaire.

Commencer par l’environnement du plant

  • Espacez suffisamment les pieds pour que l’air circule entre les feuilles.
  • Arrosez au pied, sans mouiller le feuillage, de préférence le matin.
  • Paillez le sol pour limiter les éclaboussures de terre sur les feuilles basses.
  • Supprimez les feuilles qui touchent le sol ou présentent des symptômes nets.
  • Aérez la serre chaque matin et évitez la condensation persistante.
  • Retirez rapidement les débris malades du potager et ne les mettez pas au compost domestique si la maladie est importante.

Le choix variétal compte également. Une variété annoncée comme plus tolérante au mildiou ne devient pas invulnérable, mais elle peut ralentir la progression et laisser davantage de temps pour récolter. Je la combine avec une bonne circulation d’air plutôt qu’avec des traitements systématiques.

Lire aussi : Rosier trop arrosé - Comment le sauver ?

Cuivre ou prévention culturale

Approche Atout principal Limite
Bouillie bordelaise Protection préventive des surfaces traitées Ne guérit pas les tissus atteints et peut s’accumuler dans le sol
Aération et espacement Réduit la durée d’humectation du feuillage Demande d’être prévu dès la plantation
Arrosage au pied Limite les projections et l’humidité sur les feuilles Ne suffit pas pendant une longue période pluvieuse
Variétés tolérantes Ralentit parfois l’installation de la maladie La tolérance dépend des conditions et n’est pas une garantie

Cette combinaison permet de réduire les passages et de préserver la fertilité du sol. Une application localisée et justifiée vaut mieux qu’un traitement généralisé de tout le potager à chaque changement de météo.

Le bon réflexe avant de traiter une dernière fois

Avant de remplir le pulvérisateur, vérifiez trois éléments sur l’étiquette : la tomate figure-t-elle parmi les cultures autorisées, quelle est la dose et quel est le délai avant récolte ? Ajoutez ensuite la météo des prochaines heures et l’état réel du feuillage.

Si les plants sont sains, bien aérés et que le temps reste sec, il n’y a pas toujours de raison d’intervenir. Si une période très humide approche, une protection préventive correctement dosée peut avoir sa place, mais elle doit rester un outil ponctuel au service d’un potager bien conduit.

Pour moi, la meilleure utilisation de la bouillie bordelaise sur les tomates tient en une phrase : peu, au bon moment, avec le bon produit. Cette discipline protège à la fois la récolte, la vie du sol et la qualité des légumes.

Cet article a un caractère purement informatif et éducatif. Le contenu a été élaboré avec l'aide d'outils analytiques et linguistiques modernes (IA). Avant de prendre une décision, consultez un expert.

Questions fréquentes

Non. Ce fongicide de contact protège surtout les surfaces traitées et ne répare pas les feuilles déjà détruites. Il peut encore protéger les parties saines si les symptômes restent localisés, mais il ne guérira pas un plant couvert de lésions.

Le dosage dépend de la spécialité commerciale, de sa concentration et de la culture autorisée. Par exemple, une étiquette indiquant 6,25 g par litre correspond à 31,25 g pour 5 litres et 62,5 g pour 10 litres. Ces valeurs ne doivent pas être appliquées à un autre produit sans vérifier son étiquette.

Intervenez avant ou au tout début d'une période chaude et humide, sur un feuillage sec, par temps calme et avec plusieurs heures sans pluie. Une application juste avant une averse risque d'être lessivée. Après une forte pluie, ne renouvelez pas automatiquement le traitement : respectez l'intervalle prévu sur l'étiquette.

Consultez le délai avant récolte indiqué sur l'emballage, car il peut aller de quelques jours à plusieurs semaines selon le produit. Portez les protections mentionnées sur l'étiquette, évitez le ruissellement vers le sol ou l'eau et lavez soigneusement les tomates avant de les consommer.
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Autor Grégoire Roussel
Grégoire Roussel
Je m'appelle Grégoire Roussel et j'ai 15 ans d'expérience dans le domaine de l'élevage, des cultures et de la transformation fermière. Mon intérêt pour ces sujets a commencé dès mon enfance, bercé par les traditions agricoles de ma région. Au fil des années, j'ai approfondi mes connaissances et développé une véritable passion pour les pratiques durables qui nourrissent notre terre et nos communautés. Dans mes écrits, je m'efforce de rendre des informations complexes accessibles et compréhensibles. Je me concentre sur des thèmes variés tels que les techniques d'élevage respectueuses de l'environnement, les cultures innovantes et les méthodes de transformation artisanale. Je veille à toujours vérifier mes sources et à comparer les informations pour offrir un contenu fiable et à jour. Mon objectif est de partager des connaissances utiles qui aident les lecteurs à mieux appréhender les enjeux agricoles contemporains.
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